Depuis hier, je suis enceinte

(Ce titre est ce qu’on appelle vulgairement « une pute à clics »)

Hier matin je me suis levée (j’ai fait ma piqûre de Lovenox), je me suis douchée (j’ai mis mes capsules de progestérone), je me suis habillée, et je suis allée me faire implanter 2 embryons.

Les fiv se suivent et ne se ressemblent pas. J’espère que ce sera le cas jusqu’au bout.
Déjà le traitement n’est pas le même (je suis passée à 300 de gonal) mais mon état d’esprit était totalement différent.

Au milieu des cartons, avec la famille qui vient visiter notre chez nous, à se cacher de tous pour les piqûres, à mentir aux copines sur les absences… sans eczéma, sans insomnies, avec même un peu d’alcool (spéciale dédicace à la soirée couscous avec ma mère et mon frère pendant laquelle on a torché tombé une bouteille de rouge à 3) et quelques « mince! La piqûre ! »
Au final messieurs dames c’est avec une grande fierté que je vous annonce la ponction de 10 ovocytes oui oui vous avez bien entendu lu! Et cherry on the cake (attention blog bilingue ) 9 ont été fécondés! Je postule aux championnats du monde des fivettes avec ça !
Bon la fierté aura duré le temps du week-end, car lundi on m’annonçait que nous n’en avions plus que 5/6. Oui enfin on a triplé le score de la fiv 1 ! (Je sais je suis censée mettre des liens mais j’écris de mon téléphone : relou)

A j5, 3 « très beaux embryons » (Je cite la biologiste) « évolutifs » étaient encore parmi nous. Dont 2 dans moi. Les 3 autres avaient un peu de retard et je ne connaîtrais leur sort que dans une dizaine de jour, par courrier… (Les sans-cœurs !)

Alors oui j’ai le droit de dire que pour cette FIV tout s’est bien passé, je supporte même le Lovenox! Mais bon vous le savez toutes (tous?!) le pire reste à venir….

 

Publicités

J’ai testé pour vous: ne pas y penser

Cela suffira-t-il à me faire tomber enceinte…?  

En Octobre nous avons acheté un appartement.

Nous l’avons visité en juillet, et avons tout de suite su qu’il était pour nous. Nous avons fait une proposition qui a été acceptée, et un semaine après nous signions le compromis.

Septembre a été calme, de ce point de vue là (j’avais FIV 1) et octobre a commencé à swinguer. La banque a perdu un papier, il a fallu mille ans pour le ré-éditer, il a fallu se battre, passer des coups de fils, envoyer des mails, s’énerver…

Au final tout s’est bien terminé, nous avons déménagé samedi.

J1 est arrivé hier, en avant pour Fiv 2.

Do / Don’t

Sans surprise j’ai très mal vécu les 15 jours post transfert, voici donc une liste de bonnes résolutions pour la prochaine fois
Do: se faire prescrire un jour de maladie le lendemain du transfert, afin de se reposer au max, et d’être au top pour les premiers jours de notre peut-être colloc
Don’t: reprendre le travail immédiatement sous prétexte qu’il faut « vivre normalement »
Do: se prévoir une série drôle (j’attends vos suggestions, dans le genre big bang theory ou How I met your mother)
Don’t: ne rien anticiper, se retrouver à zapper sans but, et y penser sans cesse
Do: prévoir une séance de sophrologie – acupuncture – reïki. bref n’importe quoi qui puisse me détendre et me faire du bien
Don’t: stresser du matin au soir de J15 à J28 pour savoir s’ils sont toujours là
Do: se faire prescrire un arrêt maladie la veille ou le jour de la PDS
Don’t: croire que je peux travailler jusqu’au bout
Do: réserver un spectacle / théâtre comique pour le week-end afin de compenser le manque d’alcool
Don’t: traîner en pyjama tout le week-end
Do: regarder des vidéos de lol cats
Don’t: googleliser « symptômes post transfert »
Do: comprendre une bonne fois pour toute que les médocs provoquent tous les symptômes possibles d’une grossesse
Don’t: analyser chaque symptôme en se disant « et si »
Do: se faire prescrire un somnifère « FIV Friendly »
Don’t: supporter ses insomnies sans réagir
Do: s’en remettre à chéri pour beaucoup plus de tâches
Don’t: culpabiliser dès qu’il en fait plus que moi

Merci Docteur 

« Là, le plus gros problème auquel on a à faire face, c’est votre âge » 

J’ai mis 4 jours à le digérer, et puis j’ai décidé qu’en fait il n’en savait rien. Que dans la vraie vie je fais minimum 6 ans de moins, que j’ai une AMH de jeune fille, et que je suis fraîche comme la rosée  (J’ai pas dit « le rosé » hein)

Nous sommes en possession de notre ordonnance, avec les mêmes produits mais doses augmentées. 

En attente de J1. Avec toujours au fond du coeur l’espoir d’une Gertrude…

Fiv 1: Le bilan

J1 est revenu, il est temps de tourner la page de ce mois de Septembre particulier. Mais d’abord, un petit bilan de ma FIV 1 à la Clinique Pierre Cherest

Organisationnel

Il faut dire que j’ai de la chance. Déjà ma chef a eu sa fille grâce à une FIV. Ça a été facile de lui parler, et évidemment elle ne m’a imposé aucune contrainte. De mon côté j’ai essayé de minimiser au maximum les impacts sur mon temps de travail (oui parce que au niveau productivité… comment dire…)

J’habite à 30 min en métro de chez le médecin, qui lui-même se situe à 15 min de mon travail, qui se situe à 15 mon à pieds de la clinique. Bref, tout ça se trouve dans un mouchoir de poche. Le plus long et chiant a été le RDV avec l’anesthésiste à la clinique. Il n’a duré que 3 minutes, mais ensuite j’ai dû poireauter bien 1 heure pour faire la pré-admission. J’avais prévenu que j’arriverai au travail pour 9h30, je suis arrivée à 10h45…. NO COMMENT.

Les monitorages n’ont pas posé de problèmes particuliers. Ils se sont fait entre 7h et 7h30 au cabinet du médecin, j’étais max à 8h30 au boulot. Ce qui est trop tôt hein, mais je ne vais pas me plaindre !

Physique

Globalement, je dirais que ça s’est bien passé. Je n’ai pas particulièrement souffert des piqûres. Le Cetrotide démange, ce n’est pas une légende. Mais l’effet ne dure pas très longtemps. En revanche avoir 2 piqûres dans le ventre tous les soirs, c’est pénible. J’en ai eu quelques bleus. On a donc testé d’autres endroits : cuisses (aïe), poignée d’amour (très aïe), aine (aïe), haut de cuisse (ça passe).

La ponction s’est bien passée. L’anesthésie est douloureuse mais ça ne dure pas, et j’ai mis 2 jours à m’en remettre. J’ai failli m’évanouir au ciné le soir car j’ai eu l’audace de me croire capable de sortir de chez moi, mais globalement ça a été. Autre fait notable de la ponction : malgré tous les tripotages qu’on subit tout au long de ce délicieux chemin, je suis encore arrivée à me sentir gênée par la position de ponction. Terriblement mal à l’aise même. Ce qui m’a fait éclater de rire. Et 2 sc après je dormais Zzzzz

2 points négatifs à signaler, et pas des moindres. La fatigue d’abord. J’ai passé un mois de nuits de merde, avec la fatigue qui va avec. Hormones ? stress ? je ne sais pas, mais 1 mois de mauvaises nuits, même pas pour m’entraîner pour dans 9 mois. Ce fut un mois très très fatigant.

Ensuite, j’ai développé pour la 1ère fois de ma vie un eczéma qui m’a bien soulée. D’abord à l’intérieur des cuisses, puis sur le ventre, sous les aisselles, sur les bras et le cou. Ouaip, j’ai beaucoup de chance. Je n’ai pas eu l’occasion d’en parler à mon gynéco, je ne sais donc pas si c’est courant ou si c’est que moi.

Il y a un autre aspect physique dont on parle assez peu sur les blogs: les relations sexuelles. Le décalage est assez drôle (ou pas): les couples normaux doivent faire l’amour pour avoir un bébé, nous c’est l’inverse. Déjà à partir du transfert c’est ceinture. mais même avant, je dois admettre que ce n’est pas la période la plus érotique de ma vie. on n’avait clairement pas la tête à ça.

Financier

Voici un petit tableau récap. Malheureusement il n’est pas encore totalement rempli car il manque toujours un fucking papier. La clinique ne faisant pas de télé transmission, je viens à peine d’être remboursée par la sécu. Mais j’estime au final que tout ça nous aura coûté une centaines d’euros de notre poche (ça va!)

fiv

Émotionnel

AHAHAHAHA (rire nerveux)

Comment dire…….. ça a été affreux. Et en même temps très beau. J’ai très mal vécu cette fiv. Je n’en voulais pas, je trouvais ça injuste de devoir en arriver là. J’espérais de toutes mes forces gertruder le cycle précédent. L’arrivée de mes règles m’a démolie. Mais nous sommes des combattants n’est-ce pas ? Alors nous avons enfilé nos armures et sommes partis à l’attaque. J’ai la chance d’avoir un chéri merveilleux qui est d’une aide précieuse en toute occasion, mais encore plus dans l’adversité. Et cette fiv, comme chaque épreuve traversée, nous a rapproché. Mais soyons honnête : épreuve + fatigue + hormones = envie d’exploser. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas tuer quelqu’un. (mon gynéco par exemple). Et  surtout, comment je fais aujourd’hui pour être debout. Mais c’est le cas, et la vie continue. Et le combat n’est pas gagné.

 

En conclusion, le bilan est clairement mitigé. Il y a des bons côtés, on a vécu de belles émotions, et on a eu la chance d’être épargnés de certaines contraintes qui auraient rendu la chose encore plus pénible. Mais soyons clair : ce n’est pas agréable.

Merci

Merci à toutes pour vos messages de soutien, d’encouragement, pour vos pensées et vos bisous. Merci d’être là, merci pour le réconfort.
Le choc est passé car Oui, même si on fait des TG négatifs on a toujours l’audace d’y croire.
On a rdv le 11 octobre avec le médecin, on va très vite remonter sur le ring pour le 2eme round.
En attendant on va manger des sushis et du fromage au lait cru, on va faire l’amour, on va reprendre le sport, on va déménager et on va boire de l’alcool.
Bref, on va vivre.

Fiv1: l’attente 

Si ce blog relève autant du témoignage que du journal intime, je me dois d’écrire un article sur ces 14 jours. Sur cet enfer

Non je n’exagère pas. j’ai cru que j’allais devenir folle, que ma santé mentale était en danger. A l’encontre de toute prudence je me suis crue enceinte, puis la seconde d’après, j’étais persuadée que ça n’avait pas marché. Je me suis demandée s’ils n’étaient pas partis dans le liquide par lequel ils sont arrivés, mais je n’ai cessé de leur parler. jusqu’à il y a peu. sans que je m’en rende compte vraiment, je n’y croyais plus.

Contre l’avis de tous j’ai fait des tests aussi, 2, négatifs. Des tests trop tôt, des tests de fin de journée, bref, n’importe quoi.

J’ai eu tous les symptômes possibles. j’ai eu les nausées et le dégoût, j’ai eu les étourdissements, j’ai eu un goût bizarre dans la bouche, j’ai eu les envies fréquentes d’uriner, j’ai eu la constipation. j’ai eu tout ça, et puis je n’ai plus rien eu. et puis de nouveau.

J’ai passé 14 jours au fond de ma culotte aussi, à deviner ce qui n’existait pas. A regarder, à sentir, à toucher. je suis allée au bout de ce que ma raison autorisait.

Je ne suis pas devenue folle, mais je m’en suis approchée. Cette attente est un véritable supplice, une torture. Je souhaite plus que tout que ça s’arrête.

J’écris cet article, sans queue ni tête, sans début ni fin, dans le seul but de me souvenir de ce que j’ai ressenti, dans le but de me laisser une trace à laquelle me référer pour la prochaine fois. Non je n’y crois plus, mon dernier TG a eu raison de mon espoir. AHAHAHAH mais ça c’est sans compter un nouveau symptôme! et si…??

Plus que 23h avant la PDS, 25/26 avant le résultat.

Je suis vous

Je sais le départ pressé du boulot 

Je sais la peur de l’échec 

Je sais le rdv quotidien avec l’aiguille 

Je sais le réveil de bonne heure 

Je sais les prises de sang

Je sais le stress du mélange 

Je sais les échos 

Je sais l’attente des résultats 

Je sais les insomnies 

Je sais l’organisation 

Je sais les bleus 

Je sais les larmes 

Je sais la patience 

Je sais le ventre qui gonfle 

Je sais le téléphone

Je sais l’espoir 

Je suis Fivette 

Je suis comme vous 

Je suis une combattante 

NOUS SOMMES DES COMBATTANTES